Passer au contenu principal

Dorothée de GAZA

Dorothée de GAZA

(v. 500- ?)

écrits

Moine en Palestine

« La charité couvre une multitude de péchés » (1 P 4,8)

 

Si nous avions la charité accompagnée de compassion et de peine, nous ne prendrions pas garde aux défauts du prochain, selon cette parole : « La charité couvre une multitude de péchés » (1 P 4,8) et encore : « La charité ne s’arrête pas au mal, elle excuse tout » (1 Co 13,5-7). Si donc nous avions la charité, la charité elle-même couvrirait toute faute, et nous serions comme les saints quand ils voient les défauts des hommes.

Les saints sont-ils donc aveugles qu’ils ne voient pas les péchés ? Mais qui déteste le péché autant que les saints ? Et pourtant, ils ne haïssent pas le pécheur, ils ne le jugent pas, ils ne le fuient pas. Au contraire, ils compatissent, l’exhortent, le consolent, le soignent comme un membre malade ; ils font tout pour le sauver. Lorsqu’une mère a un enfant difforme, elle ne se détourne pas de lui avec horreur, elle prend plaisir à le parer et fait tout pour le rendre gracieux. C’est ainsi que les saints protègent toujours le pécheur, le disposent et le prennent en charge pour le corriger au moment opportun, pour l’empêcher de nuire à un autre, et aussi pour progresser eux-mêmes davantage dans la charité du Christ.

Acquérons donc, nous aussi, la charité ; acquérons la miséricorde à l’égard du prochain, pour nous garder de la terrible médisance, du jugement et du mépris. Portons-nous secours les uns aux autres, comme à nos propres membres. Car « nous sommes membres les uns des autres, dit l’Apôtre (Rm 12,5) ; un membre souffre-t-il, tous les membres souffrent avec lui (1 Co 12,27). En un mot, ayez soin, chacun selon son pouvoir, d’être unis les uns aux autres. Car plus on est uni au prochain, plus on est uni à Dieu.

Instructions VI, 76-78
 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche W33;
 trad. Orval ; © 197 Abbaye d'Orval)

Soyez miséricordieux comme votre père est miséricordieux 

 

      Si nous avions la charité accompagnée de compassion et de peine, nous ne prendrions pas garde aux défauts du prochain, selon cette parole : « La charité couvre une multitude de péchés » (1P 4,8) et encore : « La charité ne s'arrête pas au mal, elle excuse tout » (1Co 13,5.7). Si donc nous avions la charité, la charité elle-même couvrirait toute faute, et nous serions comme les saints quand ils voient les défauts des hommes. Les saints sont-ils donc aveugles pour qu'ils ne voient pas les péchés ? Mais qui déteste le péché autant que les saints ? Et pourtant, ils ne haïssent pas le pécheur, ils ne le jugent pas, ils ne le fuient pas. Au contraire, ils compatissent, l'exhortent, le consolent, le soignent comme un membre malade ; ils font tout pour le sauver... Lorsqu'une mère a un enfant handicapé, elle ne se détourne pas de lui avec horreur, elle prend plaisir à bien l'habiller et fait tout pour le rendre beau. C'est ainsi que les saints protègent toujours le pécheur et le prennent en charge pour le corriger au moment opportun, pour l'empêcher de nuire à un autre, et aussi pour progresser eux-mêmes davantage dans la charité du Christ...

      Acquérons donc, nous aussi, la charité ; acquérons la miséricorde à l'égard du prochain, pour nous garder de la terrible médisance, du jugement et du mépris. Portons-nous secours les uns aux autres, comme à nos propres membres... Car « nous sommes membres les uns des autres », dit l'apôtre Paul (Rm 12,5) ; « si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1Co 12,27)... En un mot, ayez soin, chacun selon son pouvoir, d'être unis les uns aux autres. Car plus on est uni au prochain, plus on est uni à Dieu.

Instructions, IV, 76 (trad. SC 92, p. 281)

Dieu nous appelle inlassablement à la conversion

 

La bonté de Dieu, comme je le répète souvent, n'a pas abandonné ceux qu'il a créés, mais elle se tourne encore vers eux et les rappelle de nouveau : « Venez à moi, vous qui êtes fatigués et accablés, je vous procurerai le repos » (Mt 11,28). C'est-à-dire : vous voilà fatigués, vous voilà malheureux, vous avez fait l'expérience du mal de votre désobéissance. Allons, convertissez-vous enfin ; (...) vivez par l'humilité, vous qui étiez morts par l'orgueil. (...)

Oh ! mes frères, que ne fait pas l'orgueil ? Oh ! Quel pouvoir possède l'humilité ! Qu'avait-on besoin de tous ces détours ? Si dès le commencement, l'homme était resté humble et avait obéi à Dieu (...), il ne serait pas tombé. Après sa déchéance, Dieu lui a encore fourni une occasion de se repentir et d'obtenir miséricorde ; mais il a gardé la tête haute. Dieu, en effet, est venu lui dire : « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9), c'est-à-dire : « De quelle gloire es-tu tombé ? » (...) Puis il lui a demandé : « Pourquoi as-tu péché ? Pourquoi as-tu désobéi ? », voulant par là lui faire dire : « Pardonne-moi ». Mais (...) il n'y a ni humilité ni repentir, mais le contraire. L'homme réplique : « La femme que tu m'as donnée s'est jouée de moi » (v. 12) ; il ne dit pas « ma femme » mais « la femme que tu m'as donnée », comme on dirait : « Le fardeau que tu m'as mis sur la tête ». Il en est ainsi, frères : quand un homme n'accepte pas de se voir pécheur, il ne craint pas d'accuser Dieu lui-même

Dieu s'adresse ensuite à la femme et lui dit : « Pourquoi n'as-tu pas gardé, toi non plus, le commandement ? », comme s'il disait : « Toi au moins, dis : Pardonne-moi, pour que ton âme s'humilie et obtienne miséricorde ». Mais (...) la femme répond à son tour : « Le serpent m'a trompée » (v. 13), comme pour dire : « Si lui a péché, en quoi suis-je coupable, moi ? » Que faites-vous, malheureux ? (...) Reconnaissez votre faute ; ayez pitié de votre nudité ! Mais ni l'un ni l'autre n'a daigné se reconnaître pécheur.

Instructions, I, § 8-9 ; SC 92 (Œuvres spirituelles ;
trad. L. Regnault et J. de Préville; Éd. du Cerf 1963, p. 159, 161, 163 rev.