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Louis-Marie
GRIGNION de MONTFORT (1673-1716) écrits

Saint, prédicateur,
fondateur de
communautés religieuses

 

Dieu désire tant l’amitié des hommes !

« Ô profondeur et immensité de la Sagesse de Dieu ! » s’écrie saint Paul (Rm 11,33). Qui sera l’ange assez éclairé et l’homme assez téméraire pour entreprendre de nous expliquer comme il faut l’origine de la Sagesse ? (…) C’est l’idée substantielle et éternelle de la divine beauté qui fut montrée à saint Jean l’évangéliste, dans l’admirable ravissement qui lui arriva dans l’île de Patmos, lorsqu’il s’écria : « Au commencement était le Verbe » − ou le fils de Dieu, ou la Sagesse éternelle −, « et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1). (…)

Cette beauté éternelle et souverainement aimable a tant de désir de l’amitié des hommes, qu’elle a fait un livre exprès pour la gagner, en lui découvrant ses excellences et les désirs qu’elle a de lui. Ce livre est comme une lettre d’une amante à son amant, pour gagner son affection. Les désirs qu’elle y témoigne du cœur de l’homme sont si empressés, les recherches qu’elle y fait de son amitié sont si tendres, ses appels et ses vœux y sont si amoureux, qu’à l’entendre parler vous diriez qu’elle n’est pas la Souveraine du ciel et de la terre et qu’elle a besoin de l’homme pour être heureuse. (…)

Combien de fois s’est-elle écriée, lorsqu’elle vivait sur la terre : Venez à moi, venez tous à moi ; c’est moi, ne craignez rien ; pourquoi craignez-vous ? Est-ce parce que vous êtes pécheurs ? Eh ! c’est eux que je cherche ; je suis l’amie des pécheurs. Est-ce parce que vous êtes égarés du bercail par sa faute ? Eh ! je suis le bon Pasteur. Est-ce parce que vous êtes chargés de péchés, couverts d’ordures, accablés de tristesse ? Eh ! c’est justement pourquoi vous devez venir à moi ; car je vous déchargerai, je vous consolerai.

L’amour de la Sagesse éternelle ; 15.17.65.70
(in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche I84 ; trad. Orval ; © 1973 Abbaye d'Orval)

« Il s'est penché sur son humble servante »

Marie a été très cachée dans sa vie ; c'est pourquoi elle est appelée par le Saint Esprit et l'Église « Alma Mater » : Mère cachée et secrète. Son humilité a été si profonde qu'elle n'a point eu sur la terre d'attrait plus puissant et plus continuel que de se cacher à elle-même et à toute créature, pour n'être connue que de Dieu seul.

Dieu, pour l'exaucer dans les demandes qu'elle lui fit de la cacher, appauvrir et humilier, a pris plaisir à la cacher dans sa conception, dans sa naissance, dans sa vie, dans ses mystères, dans sa résurrection et assomption, à l'égard de presque toute créature humaine. Ses parents même ne la connaissaient pas ; et les anges se demandaient souvent les uns aux autres : « Quae est ista ? Qui est celle-là ? » (Ct 6,10) parce que le Très-Haut la leur cachait ; ou, s'il leur en découvrait quelque chose, il leur en cachait infiniment davantage...

Que de choses grandes et cachées ce Dieu puissant a faites en cette créature admirable, comme elle est elle-même obligée de le dire, malgré son humilité profonde : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ». Le monde ne les connaît pas, parce qu'il en est incapable et indigne.

Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie, 1-6