Maximilien KOLBE
Maximilien KOLBE
(1894-1941)
écrits
Prêtre franciscain, martyr
« Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Lc 8,21)
Dieu, dans ses œuvres, veut toujours se servir d'instruments... Dieu, qui nous a donné la volonté libre, veut que nous le servions librement en qualité d'instruments, par l'accord de notre volonté à la sienne, de la même manière que la Mère très sainte lorsqu'elle a dit : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole ». La parole « qu'il me soit fait » doit toujours résonner sur nos lèvres, car entre la volonté de l'Immaculée et la nôtre, il doit exister une harmonie complète. Alors, que convient-il de faire ? Laissons-nous conduire par Marie, et nous n'aurons rien à craindre.
Conférence du 13/06/1933
(trad. Villepélée, Mission, Lethielleux 2003, p. 47)
Une Mère au cœur tendre
Le cœur divin de Jésus brûlant d’amour pour nous, qui sommes pécheurs (…) nous donne comme Mère et protectrice sa propre Mère, la plus gracieuse, la plus aimante, l’être saint au-dessus des saints et des anges, celle à qui il ne sait rien refuser puisqu’elle est sa Mère incomparablement digne et chère. Il lui a donné un cœur tel qu’il lui est impossible de ne pas voir la moindre larme sur la terre, de ne pas se soucier du salut et de la sanctification de chaque être humain
Et voici le pont tout prêt vers le cœur très sacré de Jésus. Si quelqu’un est tombé dans le péché, s’est enlisé profondément dans le vice, a méprisé les grâces de Dieu, ne suit plus les bons exemples des autres, ne fait plus attention aux inspirations salutaires et devient ainsi digne de grâces nouvelles, doit-il désespérer ? Non, jamais ! Car une Mère lui a été donnée par Dieu, Mère qui, avec un cœur tendre, veille sur chacun de ses actes, sur chacune de ses paroles, sur chacune de ses pensées. Elle ne regarde pas s’il est digne de la grâce de la pitié. Comme elle est essentiellement Mère de Miséricorde, même si on ne l’appelle pas, elle se hâte d’aller là où il y a davantage de misère dans les âmes.
Dans les difficultés, dans les ténèbres, dans les infirmités, dans les découragements, souvenons-nous que le Ciel s’approche, de jour en jour plus proche. Alors, courage ! Elle nous attend là-bas pour nous serrer sur son cœur. Elle est notre Mère la plus tendre, maintenant et toujours : dans la vie, dans la mort et dans l’Éternité. Cette vérité, rappelons-nous la !
Entretiens de 6/1925, du 13/4/1933 et 11/10/1937
(Entretiens spirituels inédits,
trad. J-F Villepelée, éd. Lethielleux, 1974, p. 91-94 ; rev.)
« Voici ta mère » (Jn 19,27)
Efforçons-nous d'aimer le Seigneur Jésus avec le coeur de l'Immaculée, de le recevoir avec son coeur, de le louer avec ses attitudes à elle, de réparer, remercier, même si nous ne le comprenons pas, cependant c'est la réalité. C'est par son coeur, par ses attitudes que nous louons le Seigneur Jésus. Si vraiment c'est elle qui aime et glorifie Jésus par nous, alors nous sommes ses instruments.
Elle seule va nous apprendre comment aimer le Seigneur Jésus, bien mieux, sans comparaison, que tous les livres et tous les maîtres. Elle nous apprend à l'aimer comme elle l'aime. Et tout notre effort doit tendre à ce qu'elle seule aime le Seigneur Jésus avec notre coeur.
Seule l'âme possédée par l'amour de Dieu retire d'elle tout ce qui l'encombre. Tout se concentre sur l'amour de Dieu. Et maintenant qui donc aime plus Jésus pauvre et crucifié, dans la crèche, que la Mère très sainte ! Personne au monde, même parmi les anges, n'a aimé et n'aime aussi ardemment le Seigneur Jésus que la Mère de Dieu... L'Immaculée est l'épanouissement de l'amour divin dans nos âmes et le moyen de nous approcher du coeur de Jésus.
Conférences du 5/7/1936, 3 et 4/9/1937, 14/5/1936
(trad. Entretiens spirituels inédits, Lethieulleux 1974, p. 88)
« Gardez vos lampes allumées »
Que faut-il faire pour vaincre la faiblesse de l'âme ? Il y a deux moyens pour cela : la prière et le détachement de soi. Le Seigneur Jésus nous recommande de veiller. Il faut veiller si nous voulons que notre cœur soit pur, mais il faut veiller dans la paix pour que notre cœur soit touché. Car il peut être touché par des choses bonnes ou par des choses mauvaises, intérieurement ou extérieurement. Donc, il faut bien veiller.
Ordinairement l'inspiration de Dieu est une grâce discrète : il ne faut pas la rejeter... ; si notre cœur n'est pas attentif, la grâce se retire. L'inspiration divine est très précise ; tout comme l'écrivain dirige sa plume, ainsi la grâce de Dieu dirige l'âme. Essayons donc de parvenir à un plus grand recueillement intérieur.
Le Seigneur veut que nous ayons le désir de l'aimer. L'âme qui reste vigilante se rend compte qu'elle tombe et que, par elle-même, elle ne peut pas y arriver ; c'est pourquoi elle ressent le besoin de la prière. La supplication est fondée sur la certitude que nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes, mais que Dieu peut tout. La prière est nécessaire pour obtenir la lumière et la force.
Conférence du 13/2/1941
(trad. Villepelée, Mission, Lethielleux 2003, rev)