Fête de la transfiguration
Prière pour la fête de la Transfiguration
Gloire à Toi ô Christ, qui nous fais voir ta Lumière !
Par ta transfiguration, tu ravives notre foi et notre espérance.
Nous attendons ce jour où tu transformeras nos pauvres corps,
à l'image de ton Corps glorieux, ce jour où nous habiterons dans ta Lumière.
Béni sois-tu, Seigneur, d'illuminer toute notre vie,
Par cette espérance, déjà tu nous fais citoyens des cieux.
Tu nous donnes d'anticiper la vie du monde à venir.
Tu nous fais pressentir ta Beauté.
Tu ouvres nos yeux sur ton Royaume présent au milieu de nous,
Et nous contemplons ta Gloire.
Fais-nous vivre, comme si nous voyions l'invisible.
Que notre foi touche ton cœur et hâte la venue de ton règne
Sur nous, fais briller ta Gloire éternelle. Amen.
Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père.
Abbé VALERIAN fête de la Transfiguration
- 5 AOÛT - LA TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR
Le mystère de la Transfiguration
Certains passages de l’évangile nous rapporte des moments majeurs de la vie du Seigneur où le voile se soulève un instant et où apparaît ce qu’Il est depuis toujours.
La Transfiguration est l’un de ces instants.
Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean. Il les conduit à l’écart, sur une haute montagne. L’Évangile ne dit presque rien de cette montée. Il ne décrit ni le chemin, ni les paroles échangées. Tout est silencieux. Car ce qui va se passer ne peut être préparé par les mots. Il faut seulement suivre le Maître.
Alors, soudain, tout change !
Le visage de Jésus resplendit comme le soleil. Ses vêtements deviennent d’une blancheur que rien sur la terre ne peut égaler. Les disciples voient ce qu’ils n’avaient jamais vu.
Pourtant, rien n’a changé en Jésus…
Ce qui apparaît maintenant était déjà là. Depuis le premier instant de son Incarnation, la gloire du Fils de Dieu habitait son humanité.
Habituellement, elle demeurait cachée sous les traits du charpentier de Nazareth. Sur la montagne, pendant quelques instants, cette gloire rayonne.
L’Église nous invite à contempler ce mystère avec un profond respect.
Nous ne sommes pas devant un prodige destiné à étonner les hommes. Nous sommes devant une révélation : Dieu laisse entrevoir qui est son Fils.
Puis apparaissent Moïse et Élie. Ils représentent toute l’histoire sainte : la Loi et les Prophètes, les promesses, les attentes, les longues fidélités de Dieu envers son peuple.
Toute cette histoire conduit jusqu’au Christ.
Tout ce qui avait été annoncé trouve en lui son accomplissement.
Les anciens serviteurs rendent hommage au Seigneur qu’ils avaient préparé sans encore le voir pleinement.
Les Pères de l’Église aiment remarquer qu’après la voix du Père, Moïse et Élie disparaissent. Les disciples ne voient plus que Jésus seul. C’est là toute la foi chrétienne. Les prophètes conduisent au Christ ; ils ne le remplacent pas. Toute parole de Dieu aboutit à cette Parole unique qui est son Fils.
Alors la nuée lumineuse descend sur la montagne…
Dans l’Écriture, la nuée est toujours le signe de la présence de Dieu !
Elle accompagnait Israël dans le désert ; elle couvrait le Sinaï lorsque Moïse recevait la Loi ; elle remplissait le Temple de Jérusalem… Et, maintenant, elle enveloppe Jésus.
Le Père parle : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le. »
Ces paroles sont le cœur du récit. Nous remarquons que Dieu ne demande pas d’abord d’admirer son Fils. Il demande de l’écouter.
Toute la vie chrétienne commence là. Écouter le Christ !
Écouter le Christ, c’est accueillir sa parole avec confiance, même lorsqu’elle nous conduit sur des chemins que nous n’aurions pas choisis.
Car la Transfiguration ne fait pas oublier la Croix ; elle lui donne son véritable sens.
En effet, cet événement survient peu après que Jésus a annoncé sa Passion. Les disciples sont troublés. Ils ne comprennent pas comment le Messie pourrait souffrir et mourir. Alors le Seigneur leur montre, pour un instant, la lumière qui habite déjà le chemin de la Croix.
Saint Léon le Grand écrit que Jésus voulut fortifier la foi de ses disciples afin qu’ils ne soient pas scandalisés par son humiliation prochaine….
Celui qui sera livré entre les mains des hommes est aussi celui dont le visage brille comme le soleil.
Ainsi, le Thabor et le Golgotha ne s’opposent pas. Ils appartiennent au même mystère.
La gloire ne supprime pas la Croix ; elle passe par elle. Et la Croix n’est pas la défaite de Dieu ; elle est déjà le commencement de sa victoire.
Pierre, saisi de bonheur, s’écrie : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! » … Chaque croyant comprend cette parole. Il existe des instants où Dieu semble tout proche, où la prière devient paisible, où le cœur goûte une joie profonde. Nous voudrions retenir ces heures. Nous voudrions dresser des tentes et demeurer là.
Mais Jésus redescend de la montagne…
Il retourne vers les hommes, vers leurs souffrances, vers les malades, vers les pécheurs, et finalement vers Jérusalem où l’attend la Croix. Les disciples doivent le suivre. La contemplation ne nous éloigne jamais du monde ; elle nous apprend à le traverser avec un cœur nouveau.
Avant de quitter la montagne, les disciples tombent à terre, remplis de crainte. Alors Jésus s’approche d’eux. Il les touche. Et il leur dit simplement : « Relevez-vous et soyez sans crainte. »
Toute la douceur de Dieu est dans ce geste. Celui dont la gloire fait trembler les montagnes pose la main sur l’homme fragile. Il ne veut pas que la peur soit le dernier mot. Il veut conduire ses disciples vers la confiance.
Depuis ce jour, la lumière du Thabor demeure dans la mémoire de l’Église. Les saints y ont reconnu l’annonce de notre propre destinée. Ce que les Apôtres ont contemplé dans le Christ, Dieu veut l’accomplir aussi en ceux qui lui appartiennent. Non pas que nous devenions Dieu par nature, mais parce que sa grâce transforme peu à peu notre cœur jusqu’à le rendre capable de participer à sa lumière.
La Transfiguration est donc une fête de l’espérance. Elle nous apprend que le visage véritable du monde n’est pas celui de la souffrance ni de la mort. Au plus profond de toutes choses demeure la lumière de Dieu. Celui qui suit fidèlement le Christ, même dans les jours obscurs, marche déjà vers cette lumière.
L’Église nous conduit aujourd’hui sur la montagne sainte. Elle nous demande seulement de regarder le Seigneur, d’écouter sa parole et de le suivre. Alors, lorsque viendra pour chacun de nous l’heure de la Croix, nous nous souviendrons que le dernier mot appartient toujours à la gloire de Dieu.
Abbé VALERIAN
06.08.2026
Commentaires
Merci pour vos enseignements
Fleuthere
06.08.2024