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Teresa de CALCUTTA

Teresa de CALCUTTA

(1910-1997)

écrits

Sainte, fondatrice
des Sœurs Missionnaires
de la Charité

 

Être la lumière du monde (Mt 5,14)

 

Il se peut que je sois incapable de garder mon attention pleinement fixée sur Dieu quand je travaille — mais Dieu ne me l'exige pas. Toutefois, je peux pleinement désirer et projeter d'accomplir mon travail avec Jésus et pour Jésus. C'est là une belle chose et c'est là ce que Dieu veut. Il veut que notre volonté et notre désir se rapportent à lui, à notre famille, à nos enfants, à nos frères, et aux pauvres.

Chacun de nous reste seulement un petit instrument. Si tu observes les composants d'un appareil électrique, tu y verras un enchevêtrement de fils grands et petits, neufs et vieux, chers et pas chers. Si le courant ne passe pas à travers eux, il ne peut pas y avoir de lumière. Ces fils, ce sont toi et moi. Le courant, c'est Dieu. Nous avons le pouvoir de laisser passer le courant à travers nous, de le laisser nous utiliser, de le laisser produire la lumière du monde — ou de refuser d'être utilisés et de laisser les ténèbres s'étendre.

No Greater Love, p. 67 (trad. Il n'y a pas de plus grand amour,
Lattès 1997, p.77 rev.)

« Ils ont donné de leur superflu, mais elle, de son indigence »

 

Il faut donner ce qui vous coûte quelque chose. Il ne suffit pas de donner seulement ce dont vous pouvez vous passer mais aussi ce dont vous ne pouvez ni ne voulez vous passer, des choses auxquelles vous êtes attaché. Votre don devient alors un sacrifice qui aura du prix aux yeux de Dieu... C'est ce que j'appelle l'amour en action. Tous les jours, je vois cet amour, chez des enfants, des hommes et des femmes.

Un jour je descendais la rue ; un mendiant est venu vers moi et m'a dit : « Mère Teresa, tout le monde te fait des dons ; moi aussi, je veux te donner quelque chose. Aujourd'hui, je n'ai reçu que vingt-neuf centimes pour toute la journée et je veux te les donner ». J'ai réfléchi un moment : si je prends ces vingt-neuf centimes, il risque de n'avoir rien à manger ce soir, et si je ne les prends pas, je lui ferai de la peine. Alors j'ai tendu les mains et j'ai pris l'argent. Jamais sur aucun visage, je n'ai vu autant de joie que sur celui de cet homme : lui aussi, un mendiant, il a pu faire un don à Mère Teresa ! C'était un énorme sacrifice pour ce pauvre qui avait mendié toute la journée au soleil et qui n'avait reçu que vingt-neuf centimes. Mais c'était merveilleux aussi : je ne pouvais rien faire avec cette somme, mais puisqu'il y a renoncé et que moi j'ai accepté, ces piécettes devenaient une fortune parce qu'elles étaient données avec tant d'amour.

A Simple Path, p. 99 (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p. 95 rev.)

« Il passa la nuit à prier Dieu. Le jour venu il appela ses disciples et en choisit douze »

 

Je crois que nos sœurs ont reçu ce don de la joie que l'on voit chez beaucoup de religieux qui se sont donnés sans réserve à Dieu. Notre œuvre n'est que l'expression de notre amour pour Dieu. Cet amour a besoin de quelqu'un pour le recevoir, et c'est ainsi que les gens que nous rencontrons nous donnent le moyen de l'exprimer

Nous avons besoin de trouver Dieu, et ce n'est ni dans l'agitation ni dans le bruit que nous pourrons le faire. Dieu est l'ami du silence. Dans quel silence croissent les arbres, les fleurs et l'herbe ! Dans quel silence se meuvent les étoiles, la lune et le soleil ! N'est-ce pas notre mission de donner Dieu aux pauvres des taudis ? Non pas un Dieu mort, mais un Dieu vivant et aimant. Plus nous recevons dans la prière silencieuse, plus nous pouvons donner dans notre vie active. Nous avons besoin de silence pour être capables de toucher les âmes. L'essentiel n'est pas ce que nous disons, mais ce que Dieu nous dit et dit à travers nous. Toutes nos paroles seront vaines tant qu'elles ne viendront pas du plus intime, les paroles qui ne transmettent pas la lumière du Christ accroissent les ténèbres.

Notre progrès dans la sainteté dépend de Dieu et de nous-mêmes, de la grâce de Dieu et de notre volonté d'être saints. Il faut nous engager résolument à atteindre la sainteté. « Je veux être un saint » signifie : je veux me détacher de tout ce qui n'est pas Dieu, je veux dépouiller mon cœur de toutes choses créées, je veux vivre dans la pauvreté et dans le détachement, je veux renoncer à ma volonté, à mes penchants, à mes caprices et à mes goûts, et me faire le serviteur docile de la volonté de Dieu.

Something Beautiful for God (trad. La Joie du don, p.64)

« Il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule »

 

Simplicité de notre vie contemplative : elle nous fait voir le visage de Dieu en chaque chose, en chaque être, partout et toujours ! Et sa main, présente en chaque événement nous fait tout accomplir — la méditation et l'étude, le travail et l'échange, manger et dormir — en Jésus, avec Jésus, pour Jésus et à l'égard de Jésus sous le regard aimant du Père, alors que nous restons toujours disposés à le recevoir sous quelque forme qu'il revête.

Je suis subjuguée par le fait que, avant de commenter la Parole de Dieu, avant d'annoncer aux foules les Béatitudes, Jésus, prenant celles-ci en compassion, les a guéries et nourries. Et après seulement, il a commencé à leur livrer son enseignement.

Aime Jésus généreusement, aime-le avec confiance, sans regarder derrière toi, et sans appréhension. Donne-toi entièrement à Jésus. Il te prendra comme instrument pour accomplir des merveilles à la condition que tu sois infiniment plus conscient de son amour que de ta faiblesse. Crois en lui, remets-toi entre ses mains dans un élan de confiance aveugle et absolue, car il est Jésus. Crois que Jésus, et Jésus seul, est la vie ; sache que la sainteté n'est rien d'autre que ce même Jésus vivant intimement en toi ; alors il sera libre du geste de sa main sur toi.

No Greater Love (Il n'y a pas de plus grand amour,
 trad. J.F. Colosimo; Lattès 1997, p. 92)

« Un jour, quelque part, Jésus était en prière »

 

      Pour devenir saint, nous avons besoin de l'humilité et de la prière. Jésus nous a enseigné à prier ; il nous a également appris à être doux et humble de cœur (Mt 11,29). Rien de tout cela ne conviendra si nous ne savons pas ce qu'est le silence. L'humilité et la prière s'approfondiront dans la mesure où l'oreille, l'esprit, et la langue auront vécu dans le silence avec Dieu, car c'est dans le silence du cœur que Dieu parle.

Jesus, the Word to Be Spoken
(trad. Jésus, celui qu'on invoque, Nouvelle Cité 1988, ch. 6)

« Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu »

 

      Les contemplatifs et les ascètes de tous les temps, de toutes les religions, ont toujours recherché Dieu dans le silence, la solitude des déserts, des forêts, des montagnes. Jésus lui-même a vécu quarante jours en parfaite solitude, passant de longues heures, cœur à cœur avec le Père, dans le silence de la nuit.

      Nous-mêmes sommes appelés à nous retirer par intermittences dans un plus profond silence, dans l'isolement avec Dieu. Être seul avec lui, non pas avec nos livres, nos pensées, nos souvenirs, mais dans un parfait dénuement ; demeurer en sa présence -- silencieux, vide, immobile, dans l'attente.

      Nous ne pouvons pas trouver Dieu dans le bruit, l'agitation. Vois la nature : les arbres, les fleurs, l'herbe des champs croissent en silence ; les étoiles, la lune, le soleil se meuvent en silence. L'essentiel n'est pas ce que nous pouvons dire, mais ce que Dieu nous dit, et ce qu'il dit à d'autres à travers nous. Dans le silence, il nous écoute ; dans le silence, il parle à nos âmes. Dans le silence, il nous est donné le privilège d'entendre sa voix :

      Silence de nos yeux.
      Silence de nos oreilles.
      Silence de nos bouches.
      Silence de nos esprits.
      Dans le silence du cœur,
      Dieu parlera.

No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 24)

Le sacrement de la réconciliation : « Tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux »

 

           La confession est un acte magnifique, un acte de grand amour. Là seulement nous pouvons nous rendre en tant que pécheurs, porteurs du péché, et de là seulement nous pouvons repartir en tant que pécheurs pardonnés, sans péché.

           La confession n'est jamais que l'humilité entrée en action. Nous l'appelions autrefois pénitence, mais il s'agit vraiment d'un sacrement d'amour, du sacrement du pardon. Quand une brèche s'ouvre entre moi et le Christ, quand mon amour se fissure, n'importe quoi peut venir remplir cette fêlure. La confession est ce moment où je permets au Christ d'ôter de moi tout ce qui divise, tout ce qui détruit. La réalité de mes péchés doit être première. Pour la plupart d'entre nous le danger nous guette d'oublier que nous sommes pécheurs et que nous devons nous rendre en confession comme tels. Nous devons nous rendre vers Dieu pour lui dire combien nous sommes désolés de tout ce que nous avons pu faire et qui l'a blessé.

           Le confessionnal n'est pas un lieu de conversations banales ou de bavardages. Y préside un seul sujet -- mes péchés, mes regrets, mon pardon, comment vaincre mes tentations, comment pratiquer la vertu, comment grandir dans l'amour de Dieu.

No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 116)

« Le bon grain, ce sont les fils du Royaume »

 

      Il n'y a pas deux mondes, le monde physique et le monde spirituel ; il n'y en a qu'un : le Royaume de Dieu « sur la terre comme au ciel » (Mt 6,10).

      Beaucoup d'entre nous disent en priant : « Notre Père qui es aux cieux ». Ils pensent que Dieu est là-haut, ce qui enracine l'idée d'une séparation entre les deux mondes. Beaucoup d'Occidentaux aiment distinguer la matière de l'esprit. Mais toute vérité est une et la réalité aussi. Dès que nous admettons l'incarnation de Dieu, qui pour les chrétiens se réalise dans la personne de Jésus Christ, nous commençons à prendre les choses au sérieux.

A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon, Mame 1995, p. 69)

« Ils ont donné de leur superflu, mais elle, de son indigence »

 

      Il faut donner ce qui vous coûte quelque chose. Il ne suffit pas de donner seulement ce dont vous pouvez vous passer mais aussi ce dont vous ne pouvez ni ne voulez vous passer, des choses auxquelles vous êtes attaché. Votre don devient alors un sacrifice qui aura du prix aux yeux de Dieu... C'est ce que j'appelle l'amour en action. Tous les jours, je vois grandir cet amour, chez des enfants, des hommes et des femmes.

      Un jour je descendais la rue ; un mendiant vint vers moi et me dit: « Mère Teresa, tout le monde te fait des cadeaux ; moi aussi, je veux te donner quelque chose. Aujourd'hui, je n'ai reçu que vingt-neuf centimes pour toute la journée et je veux te les donner. » J'ai réfléchi un moment ; si je prends ces vingt-neuf centimes (qui ne valent pratiquement rien), il risque de n'avoir rien à manger ce soir, et si je ne les prends pas, je lui ferai de la peine. Alors j'ai tendu les mains et j'ai pris l'argent. Jamais sur aucun visage, je n'ai vu autant de joie que sur celui de cet homme, tellement heureux d'avoir pu faire un don à Mère Teresa ! C'était un énorme sacrifice pour lui, qui avait mendié toute la journée au soleil cette somme dérisoire dont on ne pouvait rien faire. Mais c'était merveilleux aussi, car ces piécettes auxquelles il renonçait devenaient une fortune, puisqu'elles étaient données avec tant d'amour.

A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p.95)

« Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres »

 

      Je dis toujours que l'amour commence à la maison. Il y a d'abord la famille et ensuite votre ville. C'est facile de prétendre aimer les gens qui sont très loin, mais beaucoup moins facile d'aimer ceux qui vivent avec nous ou tout près de nous. Je me méfie des grands projets impersonnels car seule chaque personne compte. Pour parvenir à aimer quelqu'un, il faut se rendre proche d'elle. Tout le monde a besoin d'amour. Chacun de nous a besoin de savoir qu'il compte pour les autres et qu'il a une valeur inestimable aux yeux de Dieu.

      Le Christ a dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Il a dit aussi : « Ce que vous faites au plus petit de mes frères humains, c'est à moi que vous le faites » (Mt 25,40). C'est lui que nous aimons dans chaque pauvre, et chaque être humain sur la terre est pauvre de quelque chose. Il a dit : « J'avais faim et vous m'avez rassasié. J'étais nu et vous m'avez vêtu » (Mt 25,35). Je rappelle toujours à mes soeurs et à nos frères que notre journée est faite de vingt-quatre heures avec Jésus.

A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p. 83)

« Mes brebis écoutent ma voix »

 

      Tu jugeras difficile de prier si tu ne sais pas comment faire. Chacun de nous doit s'aider à prier : en premier lieu, en recourant au silence, car nous ne pouvons pas nous mettre en présence de Dieu si nous ne pratiquons pas le silence, intérieur comme extérieur. Faire silence au-dedans de nous n'est pas facile, mais c'est un effort indispensable. Seulement dans le silence nous trouverons une nouvelle puissance et la vraie unité. La puissance de Dieu deviendra la nôtre afin d'accomplir toutes choses comme il se doit ; il en ira de même pour l'unité de nos pensées avec ses pensées, de l'unité de nos prières avec ses prières, de l'unité de nos actions avec ses actions, de notre vie avec sa vie. L'unité est le fruit de la prière, de l'humilité, de l'amour.

      C'est dans le silence du coeur que Dieu parle ; si tu te places face à Dieu dans le silence et la prière, Dieu te parlera. Et tu sauras alors que tu n'es rien. Ce n'est que lorsque tu connais ton néant, ta vacuité, que Dieu peut te remplir de lui-même. Les âmes des grands priants sont des âmes de grand silence.

      Le silence nous fait voir chaque chose autrement. Nous avons besoin du silence pour toucher les âmes des autres. L'essentiel n'est pas ce que nous disons, mais ce que Dieu dit -- ce qu'il nous dit, ce qu'il dit à travers nous. Dans un tel silence, il nous écoutera ; dans un tel silence, il parlera à notre âme, et nous entendrons sa voix.

No Greater Love (trad. Pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 22 rev.)

Appelés à devenir saints

 

      Quelle est la volonté parfaite de Dieu à notre endroit ? Tu dois devenir saint. La sainteté est le plus grand don que Dieu puisse nous faire car il nous a créés à cette fin. Se soumettre, pour celui ou celle qui aime, est plus qu'un devoir; c'est le secret même de la sainteté.

      Comme le rappelait saint François, chacun de nous est ce qu'il est aux yeux de Dieu -- rien de plus, rien de moins. Nous sommes tous appelés à devenir des saints. Il n'y a rien d'extraordinaire à cet appel. Nous avons tous été créés à l'image de Dieu afin d'aimer et d'être aimés. Jésus désire notre perfection avec une indicible ardeur. « Voici quelle est la volonté de Dieu : c'est votre sanctification. » (1Th 4,3) Son Sacré Coeur déborde d'une envie insatiable de nous voir progresser vers la sainteté.

      Chaque jour nous devons renouveler notre décision de nous hausser à plus de ferveur, comme s'il s'agissait du premier jour de notre conversion, disant : « Aide-moi, Seigneur mon Dieu, dans mes bonnes résolutions à ton saint service, et donne-moi la grâce aujourd'hui même de vraiment commencer, car ce que j'ai fait jusque-là n'est rien. » Nous ne pouvons pas être renouvelés si nous n'avons pas l'humilité de reconnaître ce qui en nous a besoin de l'être.

No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès, 1997, p. 67)

« La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous »

 

      Le Christ étant invisible, nous ne pouvons lui montrer notre amour ; mais nos voisins sont toujours visibles, et nous pouvons faire pour eux ce que, si le Christ était visible, nous aimerions faire pour lui.

      Aujourd'hui c'est le même Christ qui est présent en ceux dont on n'a pas besoin, qu'on n'emploie pas, qu'on ne soigne pas, qui ont faim, qui sont nus, qui n'ont pas de foyer. Ils semblent inutiles à l'Etat et à la société ; personne n'a de temps à leur donner. C'est à nous, chrétiens, vous et moi, dignes de l'amour du Christ si notre amour est véritable, c'est à nous de les trouver, de les aider ; ils sont là pour que nous les trouvions.

      Travailler pour travailler, tel est le danger qui nous menace toujours. C'est là que le respect et l'amour et la dévotion interviennent, pour que nous adressions notre travail à Dieu, au Christ. Et voilà pourquoi nous essayons de le faire de la plus belle façon possible.

Something Beautiful for God (trad. La Joie du don, p. 30 rev.)

« Marie se mit en route rapidement »

 

      La gaieté et la joie étaient la force de Notre Dame. C'est ce qui a fait d'elle la servante empressée de Dieu, son fils, car dès qu'il est venu à elle, elle « est partie en toute hâte ». Seule la joie pouvait lui donner la force de partir en toute hâte au-delà des collines de Judée pour devenir la servante de sa cousine. Il en est de même pour nous ; comme elle, nous devons être les vraies servantes du Seigneur et chaque jour après la sainte communion nous hâter par-delà les montagnes de difficultés que nous rencontrons en offrant de tout notre coeur notre service aux pauvres. Donnez Jésus aux pauvres en tant que servante du Seigneur

      La joie c'est la prière, la joie c'est la force, la joie c'est l'amour, c'est un filet d'amour grâce auquel vous pouvez attraper les âmes. « Dieu aime celui qui donne avec joie. » (2Co 9,7) Celui qui donne avec joie donne davantage. Si dans le travail vous rencontrez des difficultés et que vous les acceptez avec joie, avec un large sourire, en cela comme en bien d'autres choses, on constatera que vos oeuvres sont bonnes et le Père en sera glorifié. La meilleure manière de montrer votre gratitude à Dieu et aux hommes c'est de tout accepter avec joie. Un coeur joyeux provient d'un coeur brûlant d'amour.

Jesus, the Word to Be Spoken (trad. Jésus, celui qu'on invoque,
Nouvelle Cité 1988, ch. 12  rev).

« Nous sommes des serviteurs quelconques »

 

      Ne vous souciez pas de chercher la cause des grands problèmes de l'humanité ; contentez-vous de faire ce que vous pouvez faire pour les résoudre en apportant votre aide à ceux qui en ont besoin. Certains me disent qu'en faisant la charité aux autres, nous dédouanons les Etats de leurs responsabilités envers les nécessiteux et les pauvres. Je ne me tracasse pas pour autant, car ce n'est généralement pas l'amour qu'offrent les Etats. Je fais simplement tout ce que je peux faire, le reste n'est pas de mon ressort.

      Dieu a été si bon avec nous ! Travailler dans l'amour est toujours un moyen de se rapprocher de lui. Regardez ce que le Christ a fait durant sa vie sur terre ! Il l'a passée à faire le bien (Ac 10,38). Je rappelle à mes soeurs qu'il a passé les trois ans de sa vie publique à soigner les malades, les lépreux, les enfants et d'autres encore. C'est exactement ce que nous faisons en prêchant l'Evangile par nos actions.

      Nous considérons que servir les autres est un privilège et nous essayons à chaque instant de le faire de tout notre cœur. Nous savons bien que notre action n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan, mais sans notre action cette goutte manquerait.

A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p. 106)

« Donnez en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous »

 

      Il ne faut pas se satisfaire de donner de l'argent ; l'argent n'est pas assez, car on peut en trouver. C'est de nos mains que les pauvres ont besoin pour être servis, c'est de nos coeurs qu'ils ont besoin pour être aimés. La religion du Christ est l'amour, la contagion de l'amour.

      Ceux qui peuvent s'offrir une vie aisée ont sans doute leurs raisons. Ils peuvent l'avoir gagnée par leur travail ; je ne suis en colère que devant le gaspillage, devant ceux qui mettent aux ordures ce qui pourrait nous être utile. La difficulté, c'est que bien souvent les riches, ou même les gens aisés, ne savent pas vraiment ce que sont les pauvres ; c'est pourquoi nous pouvons leur pardonner, car la connaissance ne peut que conduire à l'amour, et l'amour au service. C'est parce qu'ils ne les connaissent pas qu'ils ne sont pas émus par eux.

      J'essaie de donner aux pauvres, par amour, ce que les riches pourraient obtenir par l'argent. Certes, je ne toucherais pas un lépreux pour un million ; mais je le soigne volontiers pour l'amour de Dieu.

Something Beautiful for God (trad. La Joie du don, p. 49)

« Faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour »

 

Il se peut que dans l'appartement ou la maison à côté de la tienne vive un aveugle qui se réjouirait de ta visite pour lui lire le journal. Il se peut qu'il y ait une famille qui soit dans le besoin de quelque chose dépourvu d'importance à tes yeux, quelque chose d'aussi simple que le fait de faire garder leur enfant pour une demi-heure. Il y a tant de petites choses qui sont si petites qu'une multitude de gens les oublie

Ne pense pas qu'il faille être simple d'esprit pour s'occuper de la cuisine. Ne pense pas que s'asseoir, se lever, aller et venir, que tout ce que tu fais n'est pas important aux yeux de Dieu.

Dieu ne te demandera pas combien de livres tu as lus, combien de miracles tu as accomplis. Il te demandera si tu as fait de ton mieux, par l'amour de lui. Peux-tu dire en toute sincérité : « J'ai fait de mon mieux » ? Même si le mieux doit se révéler un échec, il doit être notre mieux. Si tu es réellement amoureux du Christ, aussi modeste que soit ton travail, il en sera mieux accompli, de tout coeur. Ton travail attestera ton amour. Tu peux t'épuiser au travail, tu peux même t'y tuer, mais tant qu'il n'est pas mêlé d'amour, il est inutile.

No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 77)

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui »

 

Comme Jésus nous parle avec tendresse lorsqu'il s'offre aux siens dans la sainte communion : « Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ». Qu'est-ce que mon Jésus pourrait me donner de plus que sa chair en nourriture ? Non, Dieu ne pourrait pas faire plus, ni me montrer un plus grand amour.

La sainte communion, comme le mot lui-même l'implique, est l'union intime de Jésus avec notre âme et notre corps. Si nous voulons avoir la vie et la posséder de façon plus abondante, nous devons vivre de la chair de notre Seigneur. Les saints l'ont tellement bien compris qu'ils pouvaient passer des heures en préparation et plus encore en action de grâce. Qui pourrait expliquer cela ? « Quelle profondeur de richesse dans la sagesse et la science de Dieu ! Comme ses jugements sont incompréhensibles, s'exclamait Paul, comme ses chemins sont impénétrables, car qui connaît l'esprit du Seigneur ? » (Rm 11,33-34).

Lorsque vous accueillez le Christ dans votre cœur après le partage du Pain Vivant, souvenez-vous de ce que Notre-Dame a dû ressentir alors que le Saint-Esprit l'enveloppait de son ombre et qu'elle, qui était pleine de grâce, a reçu le corps du Christ (Lc 1,26s). L'Esprit était si fort en elle qu'immédiatement « elle se leva en hâte » (v. 39) pour aller et servir.

Jesus, the Word to be Spoken, ch. 6 (Jésus, celui qu'on invoque ;
trad. de l'anglais par Françoise Champenois-Laroche;
Nouvelle cité, 1988; p. 84 rev.)

Tout quitter pour le suivre

 

Les richesses, qu'elles soient matérielles ou spirituelles, peuvent nous asphyxier si on n'en a pas un juste usage. Car Dieu lui-même ne peut rien placer dans un cœur déjà plein à craquer. Un jour ou l'autre, inévitablement, il en ressort un appétit d'argent et une avidité de tout ce que l'argent peut procurer — la recherche du superflu, du luxe pour ce qui est de se nourrir, se vêtir ou s'amuser. Les besoins vont alors croissant, une chose appelant l'autre. Mais au terme on trouve un sentiment incontrôlable d'insatisfaction. Demeurons aussi vides que possible afin que Dieu puisse nous remplir.

Notre Seigneur en est un vivant exemple : dès le premier jour de son existence humaine, il a connu une pauvreté dont aucun être humain ne fera jamais l'expérience car, « étant riche, il se rendit lui-même pauvre » (2Co 8,9). Le Christ s'est vidé lui-même de toute sa richesse. C'est là que surgit la contradiction : si je veux être pauvre comme le Christ qui est devenu pauvre alors qu'il était riche, que dois-je faire ? Ce serait une honte pour nous d'être plus riches que Jésus qui à cause de nous a enduré la pauvreté.

Sur la croix, le Christ a été privé de tout. La croix elle-même lui avait été donnée par Pilate ; les clous et la couronne, par les soldats. Il était nu. Quand il est mort, on l'a dépouillé de la croix, on lui a retiré les clous et la couronne. Il a été enveloppé dans un morceau de toile, donné par une âme charitable, et il a été enterré dans un tombeau qui ne lui appartenait pas. Et cela, alors que Jésus aurait pu mourir comme un roi ou même s'épargner la mort. Mais il a choisi la pauvreté car il savait que c'est le vrai moyen de posséder Dieu et d'apporter son amour sur la terre.

No Greater Love, p. 95
(trad. Il n’y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 102 rev.)

« Son cœur est loin de moi »

 

Laisser l'amour de Dieu prendre entière et absolue possession d'un cœur ; que cela devienne pour ce cœur comme une seconde nature ; que ce cœur ne laisse rien entrer en lui qui lui soit contraire ; qu'il s'applique continuellement à accroître cet amour de Dieu en cherchant à lui plaire en tout et en ne lui refusant rien de ce qu'il demande ; qu'il accepte comme venant de la main de Dieu tout ce qui lui arrive

La connaissance de Dieu produit l'amour, et la connaissance de soi produit l'humilité. L'humilité n'est rien d'autre que la vérité. « Qu'avons-nous que nous n'ayons reçu ? » demande saint Paul (1Co 4,7). Si j'ai tout reçu, quel bien ai-je par moi-même ? Si nous en sommes convaincus, nous ne relèverons jamais la tête avec orgueil. Si vous êtes humble, rien ne vous touchera, ni louange ni opprobre, car vous savez ce que vous êtes. Si l'on vous blâme, vous n'en serez pas découragé. Si l'on vous proclame saint, vous ne vous placerez pas sur un piédestal. La connaissance de nous-mêmes nous met à genoux.

Prayer : Seeking the Heart of God, with Bro. Roger (trad. La prière, fraîcheur d'une source)

« Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main et le toucha »

 

Les pauvres ont soif d'eau, mais aussi de paix, de vérité et de justice. Les pauvres sont nus et ont besoin de vêtements, mais aussi de dignité humaine et de compassion pour les pécheurs. Les pauvres sont sans abri et ont besoin d'un abri fait de briques, mais aussi d'un cœur joyeux, compatissant et plein d'amour. Ils sont malades et ils ont besoin de soins médicaux, mais aussi d'une main secourable et d'un sourire accueillant

Les exclus, ceux qui sont rejetés, ceux qui ne sont pas aimés, les prisonniers, les alcooliques, les mourants, ceux qui sont seuls et abandonnés, les marginalisés, les intouchables et les lépreux..., ceux qui sont dans le doute et la confusion, ceux qui n'ont pas été touchés par la lumière du Christ, les affamés de la parole et de la paix de Dieu, les âmes tristes et affligées..., ceux qui sont un fardeau pour la société, qui ont perdu toute espérance et foi dans la vie, qui ont oublié comment sourire et qui ne savent plus ce que c'est que de recevoir un peu de chaleur humaine, un geste d'amour et d'amitié –- tous, ils se tournent vers nous pour recevoir un réconfort. Si nous leur tournons le dos, nous tournons le dos au Christ.

Lettre à ses collaboratrices du 10/04/1974

« Pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient un signe »

 

Dieu est partout, dans tout, et sans lui nous ne pouvons pas exister. Pas un seul instant, je n'ai douté de son existence mais je sais que certains sont dans le doute. Si vous ne croyez pas en Dieu, vous pouvez déjà aider les autres par des actes inspirés par l'amour, et le fruit de ces œuvres sera les grâces supplémentaires qui descendront dans votre âme. Vous commencerez alors à vous épanouir lentement et vous aspirerez à la joie d'aimer Dieu.

Il y a tant de religions ! Chacun suit Dieu à sa manière. Moi, je suis la voie du Christ : Jésus est mon Dieu, Jésus est mon Époux, Jésus est mon seul Amour, Jésus est mon Tout en tout, Jésus est tout pour moi.

C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais peur. Je fais mon travail avec Jésus, je le fais pour lui en le lui dédiant ; c'est pourquoi les résultats sont les siens, pas les miens. Si vous avez besoin d'un guide, vous n'avez qu'à tourner les yeux vers Jésus. Vous devez vous en remettre à lui et compter entièrement sur lui. Quand vous faites cela, le doute se dissipe et l'assurance vous envahit. Mais Jésus a dit : « Si vous ne devenez pas semblables à un enfant, vous ne pouvez pas venir à moi » (Mt 18,3).

A Simple Path (Un Chemin tout simple;
trad. de l'anglais par Frances Georges-Catroux et Claude Nesle;
Plon Mame 1995, p.65 rev.)

« Je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim »

 

Où rencontrez-vous la joie d'aimer ? Dans l'eucharistie, la sainte communion. Jésus s'est fait lui-même « pain de la vie » pour nous donner la vie. Nuit et jour il est là. Si vous voulez réellement grandir dans l'amour, revenez à l'eucharistie, revenez à cette adoration. Dans notre congrégation, nous avions l'habitude d'avoir l'adoration une fois par semaine pendant une heure ; puis, en 1973, nous avons décidé d'avoir l'adoration chaque jour durant une heure. Nous avons beaucoup de travail ; partout nos maisons pour les malades et les mourants indigents sont remplies. Mais à partir du moment où nous avons commencé l'adoration chaque jour, notre amour pour Jésus est devenu plus intime, notre amour pour chacun plus bienveillant, notre amour pour les pauvres plus compatissant. (…)

Regardez le tabernacle et voyez ce que signifie maintenant cet amour. En ai-je conscience ? Mon cœur est-il assez pur pour que j'y voie Jésus ? Afin que pour vous et pour moi il soit plus facile de voir Jésus, il s'est fait lui-même « pain de la vie » ; afin que nous puissions recevoir la vie, une vie de paix, une vie de joie. Trouvez Jésus et vous trouverez la paix

The Word to be Spoken, ch. 6
 (Jésus, celui qu'on invoque, prières et méditations pour chaque jour de l'année;
trad. de l'anglais par Françoise Champenois-Laroche;
Éd. Nouvelle cité 1988, p. 86)

« Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer »

 

Voyez de quelle compassion le Christ a fait preuve à l'égard de Judas, l'homme qui a reçu tant d'amour et pourtant a trahi son propre Maître, ce Maître qui a gardé un silence sacré sans le trahir auprès de ses compagnons. Jésus, en effet, aurait pu facilement parler ouvertement et dire aux autres les intentions cachées de Judas et ses agissements ; mais non. Il a préféré faire preuve de miséricorde et de charité ; au lieu de le condamner, il l'a appelé ami (Mt 26,50). Si seulement Judas avait regardé Jésus dans les yeux comme Pierre l'a fait (Lc 22,61), Judas aurait été l'ami de la miséricorde de Dieu. Jésus a toujours éprouvé de la miséricorde.

Jesus, the Word to Be Spoken
(trad. Jésus, celui qu'on invoque, Nouvelle Cité 1988, ch. 8)

Jésus, un homme mangé

 

Quand Jésus est venu en ce monde, il l'a aimé si fortement qu'il a donné sa vie pour lui. Il est venu pour satisfaire notre faim de Dieu. Et comment l'a-t-il fait ? Il s'est changé lui-même en Pain de la Vie. Il s'est fait petit, fragile, désarmé pour nous. Les miettes de pain sont si minuscules que même un bébé peut les mâcher, même un agonisant peut les manger. Il s'est changé en Pain de la Vie pour apaiser notre appétit de Dieu, notre faim d'Amour.

Je ne crois pas que nous aurions jamais pu aimer Dieu si Jésus n'était pas devenu l'un d'entre nous. Et c'est afin de nous rendre capables d'aimer Dieu qu'il est devenu l'un d'entre nous en toute chose, sauf le péché. Créés à l'image de Dieu, nous avons été créés pour aimer, car Dieu est amour. Par sa passion, Jésus nous a enseigné comment pardonner par amour, comment oublier par humilité. Trouve Jésus et tu trouveras la paix.

No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p.90)

« Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas »

 

« J'avais faim, j'étais nu, j'étais sans logis. C'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,40). Le Pain de vie et l'affamé, mais un seul amour : seulement Jésus. Son humilité est tellement merveilleuse. Je peux comprendre sa majesté, sa grandeur parce qu'il est Dieu — mais son humilité dépasse ma compréhension, parce qu'il se fait Pain de vie afin que même un enfant aussi petit que moi puisse le manger et vivre

Il y a quelques jours alors que je donnais la sainte communion à nos sœurs dans la maison mère, soudain je me suis rendu compte que je tenais Dieu entre mes deux doigts. La grandeur de l'humilité de Dieu. Vraiment « pas de plus grand amour » — pas de plus grand amour que l'amour du Christ (Jn 15,13). Vous devez souvent, j'en suis sûre, éprouver cette impression qu'à votre parole, entre vos mains, le pain devient le corps de Jésus, le vin devient le sang de Jésus. Comme il doit être grand votre amour du Christ ! Pas de plus grand amour que l'amour du prêtre pour le Christ, « son Seigneur et son Dieu » (Jn 20,28).

Lettre à un prêtre, 17/02/1978, in Come, Be My Light (Viens, sois ma lumière:
 Les écrits intimes de la “sainte de Calcutta”;
trad. de l'anglais par C. Deniard et D. Rivet; Éd. Lethielleux 2008, p. 322)