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Pio de Pietrelcina

(1887-1968)

Saint, prêtre et moine franciscain stigmatisé

Fête le 23.09

Francesco Forgione naît le 25 mai 1887 à Pietrelcina (Italie).

Il prend le nom de Pio à son entrée chez les capucins de Morcone (1903).

Prêtre en 1910, il réside dans sa famille, pour raisons de santé, jusqu’en 1916. En septembre 1916, il est envoyé au couvent de San Giovanni Rotondo, et y reste jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1968.

Les stigmates que portait le Padre Pio, attirèrent l’attention des autorités ecclésiastiques et provoquèrent l’attention du Saint-Office, qui ordonna son transfert de S. Giovanni Rotondo (2 juin 1922) et déclara “ ne rien constater de surnaturel dans les faits qui lui sont attribués ”.

Le Saint-Office lui interdit tout exercice du ministère, à l’exception de la messe qu’il pouvait célébrer en privé dans la chapelle du couvent. Ces mesures furent allégées progressivement.

Le 29 juillet 1933, on permit à Padre Pio de pouvoir de nouveau célébrer la messe dans l’église. Il est autorisé à confesser les hommes, le 25 mars 1934, puis les femmes, le 12 mai de la même année.

Avant même d’avoir atteint l’âge adulte, il avait déjà compris qu’il devait combler, en union avec Jésus, l’espace qui sépare les hommes de Dieu. Il mit en œuvre ce programme selon trois moyens : la direction des âmes ; la confession sacramentelle ; la célébration de la messe.

En matière de direction spirituelle, le Padre Pio vivait et faisait vivre fermement la vérité fondamentale de la foi.

Se confesser au Padre Pio n’était pas chose aisée avec la perspective d’une rencontre pas toujours amène. Pourtant on se pressait continuellement autour de son confessionnal.

Le moment le plus intense de son activité apostolique était celui de la messe. La centaine de milliers de personne qui y ont assisté ont perçu par cette célébration la hauteur et la plénitude de sa spiritualité.

Cet intense ministère sacerdotal attira autour du premier prêtre stigmatisé une foule qui accourait de tous les coins de la terre pour l’approcher. D’autre part, les gens lui confiaient, en d’innombrables lettres, le fardeau de leurs problèmes matériels et spirituels.

Par ailleurs Padre Pio est inséparable du chapelet, signe de sa tendresse envers la mère de Jésus.

Au plan social, le Padre Pio s’engagea beaucoup pour soulager les souffrances et les misères de nombreuses familles, principalement par la fondation de la “ Maison du Soulagement de la Souffrance ” (inaugurée en 1956). Il fonda également des “ groupes de prière ”.

En 1954, les capucins décidèrent la construction d’une église plus vaste. L’affluence des foules fut telle qu’il fallut distribuer des numéros d’arrivée pour les confessions. Les lettres arrivèrent par centaines… il en arrivait jusqu’à 10 000 par jour auxquelles s’ajoutaient parfois jusqu’à 700 télégrammes…

De 1959 à 1964, nouvelles persécutions. De la part des capucins, accusations de malhonnêteté à cause des sommes énormes que le Padre recevait de partout pour son hôpital. Il souffrit à nouveau de mesures visant à restreindre son ministère.

Enfin le 30 janvier 1964, Paul VI demande que Padre Pio puisse exercer son ministère en toute liberté.

Décédé le 23 septembre 1968, son corps repose dans l’église de S. Maria delle Grazie à S. Giovanni Rotondo. Les nouvelles générations continuent à venir sur sa tombe.

Jean Paul II le béatifia en 1999 et le canonisa en 2002

SAINT PIO DE PIETRELCINA

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L’HOMME DE LA CROIX

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Lorsque les année passent, nous réalisons qu’il existe des hommes qui dans le fond sont hors du commun… des hommes dont la vie semble, dès l’abord, appartenir à la terre commune : ils naissent dans une maison pauvre, grandissent parmi les travaux ordinaires, connaissent la maladie, l’obscurité et les lenteurs de l’existence… Puis, un jour, l’Église découvre en eux une lumière qui ne vient pas d’eux-mêmes.

Ainsi fut Francesco Forgione, que le monde devait connaître sous le nom du « padre Pio »…

Il naquit le 25 mai 1887, à Pietrelcina, petit bourg de l’archidiocèse de Bénévent, dans cette Campanie austère et lumineuse où la foi des pauvres possède souvent la simplicité des sources. Ses parents, Grazio Forgione et Maria Giuseppa De Nunzio, étaient de modestes chrétiens. Le lendemain de sa naissance, l’enfant reçut au baptême le nom de Francesco. À douze ans, il fit sa première Communion et reçut la Confirmation. Rien, dans ces commencements, ne semblait annoncer une destinée éclatante. Mais Dieu aime à déposer ses desseins les plus hauts dans les existences les plus cachées.

À seize ans, Francesco entra au noviciat des Frères mineurs capucins, à Morcone. Le 22 janvier 1903, il revêtit l’habit franciscain et reçut le nom de frère Pio. Ce nom nouveau était comme un programme de vie. Il ne s’agissait plus seulement de quitter le monde, mais de devenir, dans l’humilité séraphique, un homme de prière, de pénitence et de pauvreté.

Le jeune religieux connut les épreuves qui purifient les vocations véritables. Sa santé fragile l’obligea, après son ordination sacerdotale reçue à Bénévent le 10 août 1910, à demeurer quelque temps dans sa famille. Cette période d’attente aurait pu paraître une entrave ; elle fut plutôt une école de patience et d’abandon. Dieu ne conduisait pas son serviteur selon les chemins rapides des hommes. Il le préparait dans le silence.

En septembre 1916, frère Pio fut envoyé au couvent de San Giovanni Rotondo, dans les Pouilles. Il devait y rester jusqu’à sa mort. Le lieu, alors encore modeste et retiré, allait devenir l’un des grands foyers spirituels du catholicisme contemporain. Mais ce ne fut ni la réputation ni l’affluence qui attirèrent les âmes : ce fut la présence d’un prêtre entièrement livré à Dieu.

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LE PRÊTRE DE LA MISÉRICORDE

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Toute la vie de Padre Pio s’organisa autour de deux mystères : l’Eucharistie et la réconciliation. Il ne considérait pas le sacerdoce comme une fonction, mais comme une configuration douloureuse et joyeuse au Christ. Dans la célébration de la messe, il touchait au sommet de sa vocation. Ceux qui y assistaient percevaient, à travers ses gestes et son recueillement, que l’autel n’était pas un théâtre, mais le Calvaire rendu présent.

Pour lui, la messe ne pouvait être séparée de la Croix. Il avait compris que le prêtre n’est vraiment fécond qu’en consentant à être lui-même offert avec le Christ. Sa vie intérieure tout entière s’enracinait dans cette conviction : « Loin de moi la pensée de me glorifier, sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ. » La Croix était sa force, sa sagesse et sa gloire.

À côté de l’autel se trouvait le confessionnal. Là, pendant des heures interminables, Padre Pio accueillait les pénitents. Les foules venaient à lui parce qu’elles pressentaient, derrière la fermeté parfois redoutable du confesseur, une charité plus grande que leurs misères. Il ne flattait pas le péché, mais il ne désespérait jamais du pécheur. Il savait que l’homme ne se relève pas parce qu’on lui dissimule sa chute, mais parce qu’on lui révèle la puissance du pardon.

Durant près de cinquante-huit années, il exerça cet apostolat de la réconciliation, offrant aux âmes la miséricorde divine comme un pain rompu. Il fut, selon l’expression de l’Église, un apôtre infatigable du sacrement de pénitence.

Sa vie de prière était le secret de cette fécondité. Il passait le jour et une grande partie de la nuit en conversation avec Dieu. « Dans les livres, nous cherchons Dieu ; dans la prière, nous le trouvons. La prière est la clé qui ouvre le cœur de Dieu », disait-il. Ce n’était pas chez lui une formule pieuse, mais une vérité vécue. La prière n’était pas un moment ajouté à son existence : elle en était la respiration.

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CONFIGURÉ AU CHRIST SOUFFRANT

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En septembre 1918, après de longues années d’épreuves intérieures et physiques, son corps porta les signes de la Passion du Seigneur. Ces stigmates furent entourés d’examens et d’enquêtes, et l’Église les considéra avec prudence. Padre Pio, lui, ne les reçut jamais comme un titre de gloire. Ils furent pour lui une charge, une participation mystérieuse aux souffrances du Christ et une invitation toujours plus exigeante à l’humilité.

La renommée qui s’attacha à ces signes ne lui apporta ni repos ni satisfaction. Les foules affluèrent vers San Giovanni Rotondo. Certains cherchaient la guérison, d’autres un conseil, d’autres encore un signe extraordinaire. Mais Padre Pio ne cessait de ramener les âmes à l’essentiel : la foi, la confession, l’Eucharistie, la prière et l’obéissance à l’Église.

Sa route ne fut pas exempte de difficultés ni d’incompréhensions. L’autorité ecclésiastique dut parfois limiter son ministère et ses apparitions publiques, afin de préserver le bien des âmes et d’éviter que sa personne ne devînt l’objet d’une curiosité malsaine. Padre Pio accepta ces épreuves dans un esprit d’obéissance filiale. Même lorsque des incompréhensions se présentèrent, il demeura un fils fidèle et courageux de l’Église.

C’est là peut-être que se révèle le plus sûrement la sainteté : non dans l’extraordinaire qui attire les regards, mais dans l’obéissance humble qui accepte d’être éprouvée. Les stigmates pouvaient émouvoir les foules ; l’obéissance, elle, révélait la profondeur de l’âme.

Padre Pio savait que le chemin du Thabor passe par le Calvaire. Avant de goûter la consolation de la gloire, il faut gravir la montagne de la Passion, où l’on rencontre l’abandon, les ténèbres, la souffrance et le silence. Toute sa vie fut comme une longue montée vers cette conformité au Christ crucifié.

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LA CHARITÉ QUI DEVIENT ŒUVRE

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Mais la souffrance n’enferma jamais Padre Pio en lui-même. Plus il vivait près de la Croix, plus il devenait attentif aux souffrances des hommes. Sa charité ne fut pas une émotion vague ; elle se fit œuvre, organisation, service.

À San Giovanni Rotondo, il voulut fonder une maison où les malades seraient soignés avec compétence, mais aussi accueillis avec respect et tendresse. La Casa Sollievo della Sofferenza, inaugurée le 5 mai 1956, devait être bien davantage qu’un établissement hospitalier. Padre Pio désirait qu’elle fût un lieu où la science médicale et la charité chrétienne s’unissent pour servir l’homme tout entier.

Il savait que le malade n’a pas seulement besoin de traitements. Il a besoin d’un visage humain, d’une parole, d’une présence, et parfois de retrouver, au milieu de la détresse, le signe de l’amour de Dieu. La Casa Sollievo della Sofferenza devait ainsi manifester ces « miracles ordinaires » qui s’accomplissent lorsque la charité se met au service de la souffrance.

Padre Pio fonda aussi les groupes de prière. Il souhaitait qu’ils fussent des foyers de foi et d’amour, des lumières dans un monde menacé par l’oubli de Dieu. « Priez », répétait-il ; « priez le Seigneur avec moi, car le monde entier a besoin de prières. » Il ne voulait pas créer autour de lui une cour de dévots, mais susciter une armée silencieuse d’hommes et de femmes capables de porter le monde devant Dieu.

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LA DERNIÈRE MESSE

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Les dernières années de Padre Pio furent marquées par l’épuisement du corps. Pourtant, jusqu’au bout, il demeura tourné vers l’autel, le confessionnal et la prière. Le 23 septembre 1968, à San Giovanni Rotondo, il acheva son pèlerinage terrestre. Quelques jours auparavant, il avait célébré le cinquantième anniversaire de ses stigmates. Celui qui avait porté dans sa chair les marques de la Passion s’en allait maintenant vers Celui dont il avait voulu être le serviteur pauvre et fidèle.

Sa mort ne mit pas fin à son apostolat. La dévotion envers lui se répandit dans le monde entier. L’Église reconnut l’héroïcité de ses vertus, le béatifia le 2 mai 1999, puis le canonisa le 16 juin 2002 sous le nom de saint Pio de Pietrelcina. Sa mémoire est célébrée le 23 septembre.

Que reste-t-il de lui ? Non pas d’abord le souvenir d’un thaumaturge, ni même celui d’un homme marqué par des phénomènes extraordinaires. Il reste un prêtre qui a vécu pour la messe, pour la confession, pour la prière et pour le salut des âmes. Il reste un religieux qui a porté la Croix sans jamais cesser d’aimer. Il reste un pauvre capucin qui a découvert que la souffrance, lorsqu’elle est unie au Christ, peut devenir offrande ; et que la prière, lorsqu’elle est véritable, devient charité.

Padre Pio demeure ainsi devant l’Église comme une figure ardente et grave. Son message n’est pas compliqué. Il tient en quelques mots : aimer Jésus crucifié, se confier à la miséricorde, prier sans se lasser, servir les souffrants et demeurer fidèle à l’Église.

Il fut un homme de prière et de souffrance. Mais, par la grâce, sa prière devint lumière pour les âmes, et sa souffrance, une porte ouverte sur le cœur du Christ.

Abbé VALERIAN

23.09.2026