Pie X
(1835-1914)
Saint,
257e pape
Giuseppe Sarto, naît à Riese en Italie, le 2 juin 1835 et est baptisé le lendemain.
Après deux ans dans la petite école de Riese, il poursuit ses études primaires à Castelfranco de Vénitie. Il reçoit sa première communion à Riese, à Pâques en 1847 .
Il entre au séminaire de Padoue, le 13 novembre 1850, où il reste neuf ans. Tonsuré à la cathédrale d'Asolo, le 20 septembre 1851, il reçoit les deux premiers ordres mineurs en novembre 1856 et les deux autres le 6 juin 1857.
Il est ordonné sous-diacre le 19 septembre 1857 et diacre le 27 février 1858.
Il reçoit l'ordination sacerdotale dans la cathédrale de Castelfranco le 18 septembre 1858 ; célèbre sa première messe, le lendemain, à Riese et, le 29 novembre 1858, prend son poste de vicaire à Tombolo.
Nommé curé de Salzano, le 21 mai 1867, don Giuseppe Sarto quitte sa paroisse le 16 septembre 1875 pour devenir chanoine de Trévise.
Il devient Directeur du séminaire et chancelier épiscopal en novembre 1875, Primicier de la cathédrale le 12 juin 1879, ou il est, à la mort de l'évêque, élu par le chapitre vicaire capitulaire le 27 novembre 1879.
Nommé à l'évêché de Mantoue en septembre 1884, il est sacré à Rome, dans l'église Saint-Apollinaire, le 23 novembre 1884, et entre à Mantoue le 18 avril 1885.
Créé cardinal du titre de Saint-Bernard des Thermes au Consistoire du 12 juin 1893, il est trois jours après promu patriarche de Venise.
Elu pape le 4 août 1903, il prend le nom de Pie X, il est couronné le 9 août 1903.
Le pontificat de saint Pie X a laissé une marque indélébile dans l’histoire de l’Eglise et fut caractérisé par un effort important de réforme, résumé dans la devise : « Renouveler toute chose dans le Christ ».
En effet, ses interventions bouleversèrent les divers milieux ecclésiaux. Dès le début, il se consacra à la réorganisation de la Curie Romaine ; puis il lança les travaux de rédaction du Code de Droit canonique, promulgué par son successeur Benoît XV.
Il promut ensuite la révision des études et la formation des futurs prêtres, en fondant également divers séminaires régionaux, équipés de bibliothèques de qualité, et de professeurs bien préparés.
Un autre domaine important fut celui de la formation doctrinale du Peuple de Dieu. Depuis les années où il était curé, il avait rédigé lui-même un catéchisme et au cours de son épiscopat à Mantoue, il avait travaillé afin que l’on parvienne à un catéchisme unique.
Ce catéchisme appelé «de Pie X » a été pour de nombreuses personnes un guide sûr pour apprendre les vérités de la foi en raison de son langage simple, clair et précis et de sa présentation concrète.
Pie X mourut durant la nuit du 20 au 21 août 1914 ; sa dépouille fut déposée dans les Grottes Vaticanes le 23 août 1914.
Pie X a été béatifié le 03 juin 1951 par le Vénérable Pie XII et proclamé saint, le 29 mai 1954, par le même Pape.
SAINT PIE X LE PAPE DE L’EUCHARISTIE ET DE LA FOI
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« INSTAURARE OMNIA IN CHRISTO »
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Il a des saints dont la vie semble avoir été préparée par la Providence pour répondre à un besoin particulier de l’Église.
Saint Pie X est de ceux-là !
Au moment où le monde chrétien entrait dans le tumulte du XXe siècle, où les anciennes certitudes étaient battues en brèche, où l’esprit moderne prétendait soumettre la foi aux exigences changeantes de la pensée humaine, Dieu plaça sur la chaire de saint Pierre un homme d’une simplicité presque désarmante, mais d’une fermeté de roc.
Giuseppe Melchiorre Sarto n’était ni un prince de naissance, ni un savant recherchant les honneurs, ni un homme de salon. Il était un prêtre. Un prêtre profondément catholique, formé dans l’esprit de l’Église, nourri de prière, de catéchisme, de Saint-Sacrifice de la Messe et de dévotion à Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et c’est précisément cet homme-là que la Providence conduisit, contre toute attente humaine, jusqu’au sommet de l’Église.
Son pontificat, commencé en août 1903 et achevé le 20 août 1914, ne dura que onze années. Mais ces onze années suffirent pour laisser une empreinte profonde dans l’histoire de l’Église. Son programme tenait en quelques mots, qu’il choisit comme devise : Instaurare omnia in Christo, « restaurer toutes choses dans le Christ ». Ce n’était pas un slogan politique, ni le rêve d’un réformateur humain. C’était le désir d’un pasteur qui savait que, lorsque le monde s’éloigne de Dieu, il ne faut pas inventer un nouveau christianisme : il faut ramener les âmes à Jésus-Christ. Tout devait revenir à Lui : la doctrine, la liturgie, la vie sacerdotale, la famille, l’éducation, les œuvres catholiques, la vie publique et surtout la vie intérieure des âmes. C’est à la lumière de cette devise qu’il faut comprendre toute la vie de saint Pie X.
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L’ENFANT DE RIESE
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Giuseppe Sarto naquit le 2 juin 1835 à Riese, dans la campagne de Vénétie. Il venait d’une famille modeste, profondément chrétienne. Son père, Giovanni Battista Sarto, était employé communal et sa mère, Margherita, femme de foi et de caractère, veillait sur ses enfants avec cette solide piété chrétienne qui formait alors encore la trame de nombreuses familles italiennes. Rien, humainement, ne semblait destiner ce petit garçon à devenir un jour le successeur de saint Pierre. Il grandissait simplement, au milieu des réalités ordinaires d’une famille pauvre : le travail, la prière, les devoirs de chaque jour, les joies simples, les sacrifices silencieusement acceptés.
Mais Dieu aime choisir ce qui est petit aux yeux du monde. Le jeune Giuseppe reçut très tôt cette formation qui allait marquer toute son existence : le catéchisme, l’amour de l’Église, la dévotion à la Sainte Vierge, le respect du prêtre et surtout l’habitude de considérer la religion non comme une théorie, mais comme la réalité la plus importante de la vie. Pour lui, Dieu n’était pas une idée. Dieu était Dieu.
Jésus-Christ était véritablement le Fils de Dieu, réellement présent dans le Saint-Sacrement, réellement mort pour les hommes sur la Croix. L’Église était véritablement l’Église fondée par Notre-Seigneur. Le prêtre était véritablement le ministre de Dieu. Ces vérités simples, reçues dans l’enfance, devinrent les fondations inébranlables de toute son âme.
Il entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1858. Il commença alors cette longue vie sacerdotale qui devait le conduire, étape après étape, des humbles paroisses jusqu’au Vatican. Pendant des années, il fut un prêtre de campagne, au contact direct des âmes. Il connut les pauvres, les enfants, les familles, les vieillards, les malades, les pécheurs. Il ne découvrit pas le peuple chrétien dans les livres : il le connut dans le confessionnal, au pied des lits de malades, dans les églises, dans les écoles et dans les maisons.
Cette longue expérience pastorale est essentielle pour comprendre le saint pape. Pie X n’était pas un théoricien enfermé dans un palais. Il savait ce que devient une âme lorsqu’elle cesse de prier. Il savait ce que devient une famille lorsque le dimanche n’est plus consacré à Dieu. Il savait ce que devient un enfant lorsque personne ne lui apprend son catéchisme. Il savait aussi la puissance extraordinaire de la grâce lorsqu’une âme revient humblement à Notre-Seigneur. Avant d’être le défenseur de la doctrine catholique contre les erreurs modernes, Giuseppe Sarto avait été le curé des âmes.
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UN PRÊTRE QUI AIMAIT LES ÂMES …
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C’est là peut-être que se trouve le secret de sa fermeté future. Ceux qui ne comprennent pas saint Pie X pourraient être tentés de voir seulement en lui le pape qui condamna les erreurs, surveilla les enseignements théologiques, combattit le modernisme et exigea une fidélité rigoureuse à la doctrine catholique. Mais il faut aller plus profondément. S’il fut si ferme envers l’erreur, c’est précisément parce qu’il aimait les âmes.
Un bon père ne laisse pas son enfant courir vers un précipice sous prétexte de ne pas contrarier sa liberté. Un bon médecin ne dit pas à son malade que toutes les opinions se valent lorsqu’il sait qu’une maladie le ronge. Et un bon pasteur ne regarde pas tranquillement les loups entrer dans la bergerie sous prétexte qu’il faudrait être « ouvert » à toutes les nouveautés. Pie X avait cette conscience très vive de sa responsabilité devant Dieu. L’Église n’était pas sa propriété. La foi ne lui appartenait pas. Il avait reçu un dépôt qu’il devait transmettre intact.
Devenu évêque de Mantoue en 1884, puis cardinal et patriarche de Venise en 1893, il continua de vivre avec cette simplicité qui le caractérisait. Benoît XVI rappellera plus tard combien, à toutes les étapes de son existence, il demeura le même homme : simple, affable, accessible, depuis ses modestes fonctions paroissiales jusqu’à la chaire de Pierre. La pourpre cardinalice n’avait pas changé son cœur. Il n’avait jamais oublié qu’avant d’être un prince de l’Église, il était un prêtre de Jésus-Christ.
Et voilà pourquoi son élévation au souverain pontificat fut si frappante.
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« JE SUIS UN PAUVRE CURÉ »
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En août 1903, après la mort du grand pape Léon XIII, les cardinaux se réunirent en conclave. Plusieurs noms circulaient. La situation de l’Église était difficile. Les idéologies modernes gagnaient du terrain, les gouvernements se détachaient toujours davantage de l’ordre chrétien et, jusque dans certains milieux intellectuels catholiques, des idées nouvelles commençaient à pénétrer.
Lorsque le choix se porta finalement sur le patriarche de Venise, Giuseppe Sarto, celui-ci ne manifesta pas l’enthousiasme d’un homme qui aurait attendu le pouvoir. Bien au contraire. Il connaissait le poids terrible de la charge. Monter sur le trône de saint Pierre signifiait prendre sur ses épaules la responsabilité de millions d’âmes. Le nouveau pape prit le nom de Pie, en hommage notamment à ses prédécesseurs et particulièrement à Pie IX, dont il entendait poursuivre l’œuvre de défense de la foi.
Le monde découvrit alors un spectacle étonnant : un homme qui n’avait rien d’un homme de pouvoir gouvernait l’Église universelle. Pie X n’avait pas le goût des grandeurs humaines. Il était pape, mais son cœur demeurait celui d’un pasteur. Il savait que la tiare, les cérémonies, les appartements pontificaux et les honneurs n’étaient que des accessoires. La réalité terrible et magnifique de son ministère était ailleurs : sauver les âmes et conduire le troupeau vers Jésus-Christ.
C’est pourquoi, dès le début de son pontificat, il donna le ton. Il ne prétendait pas « adapter » l’Église au monde. Il voulait que le monde revienne au Christ.
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« RESTAURER TOUTES CHOSES DANS LE CHRIST »
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Sa première grande encyclique, E Supremi, publiée en 1903, exposa clairement son programme. Le pape y expliquait que son unique dessein était de « restaurer toutes choses dans le Christ ». Cette formule résume admirablement son pontificat.
Pour Pie X, la crise du monde n’était pas d’abord une crise économique, sociale ou politique. Elle était une crise de Dieu. L’homme moderne voulait organiser la société sans Dieu, penser sans Dieu, vivre sans Dieu et même parfois parler de religion en écartant Dieu de sa réalité objective. Le remède devait donc commencer par le retour au Christ.
Il fallait instruire les fidèles. Il fallait former les prêtres. Il fallait purifier le culte. Il fallait défendre la doctrine. Il fallait rendre aux âmes l’amour de l’Eucharistie. Il fallait donner aux enfants une véritable connaissance du catéchisme. Il fallait rappeler aux chrétiens que la religion catholique n’est pas une vague émotion intérieure, mais la foi révélée par Dieu, confiée à son Église et transmise fidèlement à travers les siècles.
Pie X ne voulait pas une religion diminuée pour être rendue acceptable au monde. Il voulait la religion catholique dans toute sa vérité, dans toute sa beauté, dans toutes ses exigences.
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LE PAPE DE LA SAINTE EUCHARISTIE
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Parmi les œuvres les plus aimées de saint Pie X demeure son immense sollicitude pour la Sainte Eucharistie. Il voulait que les catholiques cessent de considérer la Communion comme une récompense exceptionnelle réservée à quelques âmes particulièrement ferventes. Il désirait que les fidèles, convenablement disposés, s’approchent fréquemment de la Sainte Table et vivent réellement de la grâce eucharistique.
Mais son geste le plus célèbre fut sans doute celui qui concerna les enfants. En 1910, le décret Quam singulari rappela que les enfants ayant atteint l’âge de raison pouvaient être admis à la première confession et à la première communion. La pratique devait ainsi être liée à l’usage de la raison, plutôt qu’à un âge artificiellement retardé.
Quelle confiance dans la grâce ! Pie X ne regardait pas l’enfant comme un petit adulte auquel il faudrait attendre de longues années avant de donner Jésus-Christ. Il savait que Notre-Seigneur aime les petits et qu’une âme enfantine peut recevoir avec une pureté admirable le don de Dieu.
Il faut imaginer ce que signifiait cette décision dans une époque où la première communion pouvait être repoussée beaucoup plus tard. Le pape rappelait simplement une vérité évangélique : Jésus veut venir aux âmes. Et lorsqu’une âme possède suffisamment de raison pour discerner le pain consacré du pain ordinaire, qu’elle est instruite des vérités essentielles de la foi et qu’elle peut recevoir le sacrement avec les dispositions nécessaires, pourquoi lui fermer l’accès au Sauveur ?
C’est ainsi que saint Pie X devint, d’une certaine manière, le pape des enfants de la Sainte Communion.
Et derrière cette œuvre se trouvait une conviction profonde : la paroisse, la famille, l’école catholique et toute la vie chrétienne doivent conduire l’âme vers l’autel.
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LE PAPE DU CATÉCHISME
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Saint Pie X comprit également qu’une foi qui n’est plus enseignée finit tôt ou tard par disparaître. On ne peut pas aimer véritablement ce que l’on ne connaît pas. Un peuple catholique qui ne sait plus ce qu’enseigne l’Église devient nécessairement vulnérable à toutes les erreurs.
Il consacra donc une attention particulière au catéchisme. Il souhaitait que les vérités de la foi soient enseignées avec clarté, précision et simplicité. Le catholicisme n’avait pas besoin d’être rendu obscur pour paraître profond. Les mystères sont profonds parce qu’ils viennent de Dieu, mais leur enseignement doit pouvoir atteindre l’intelligence du petit enfant comme celle du paysan, de l’ouvrier, de la mère de famille ou du vieillard.
Cette pédagogie est profondément traditionnelle. Elle ne consiste pas à inventer sans cesse de nouvelles manières de parler de Dieu, mais à transmettre fidèlement ce que l’Église a toujours cru. Le catéchisme n’est pas une opinion parmi d’autres : il est l’apprentissage de la foi catholique.
C’est ici que saint Pie X demeure particulièrement actuel. Une génération qui ne sait plus réciter le Credo finit par ne plus savoir pourquoi elle est catholique. Une génération qui ne sait plus ce qu’est un péché mortel ne comprend plus la nécessité de la confession. Une génération qui ne sait plus ce qu’est la Présence réelle ne peut plus comprendre pourquoi l’autel est le centre de l’église. Une génération qui ne connaît plus les commandements finit par considérer la morale chrétienne comme une collection d’anciennes coutumes.
Pie X voulait empêcher cette catastrophe.
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LE PAPE DE LA SAINTE LITURGIE
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Saint Pie X comprit également qu’une âme catholique est formée par la liturgie. Ce que l’on prie, ce que l’on chante, ce que l’on voit dans l’église, ce que l’on entend au pied de l’autel, tout cela contribue profondément à la foi du peuple chrétien.
Son célèbre Motu proprio Tra le sollecitudini, publié dès novembre 1903, fut consacré à la musique sacrée. Le pape y demandait que rien, dans le sanctuaire, ne vienne diminuer la piété ou détourner l’attention de la sainteté du culte. Il donna au chant grégorien une place privilégiée, le considérant comme le chant propre de l’Église romaine et comme le modèle suprême de la musique sacrée. Il souhaitait également que le peuple chrétien retrouve une participation plus active au chant liturgique.
Il ne s’agissait pas pour lui d’une simple question de goût musical. C’était une question de religion.
L’église n’est pas une salle de spectacle. La Messe n’est pas un concert. Le chant sacré n’est pas destiné à mettre en valeur la personnalité du chanteur. Tout doit conduire vers Dieu, tout doit aider l’âme à prier, tout doit respecter la dignité des saints mystères.
Le génie de Pie X fut de comprendre que la beauté traditionnelle de la liturgie n’est pas un luxe. Elle est une catéchèse silencieuse. Le latin, le chant grégorien, le silence, les gestes sacrés, la dignité du sanctuaire, tout parle à l’âme. Tout proclame que Dieu est Dieu et que l’homme se tient devant son Créateur.
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FACE À LA CRISE MODERNISTE
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Mais c’est surtout dans le combat doctrinal que saint Pie X devait manifester la force extraordinaire de son âme.
Au tournant du XXe siècle, certaines tendances théologiques cherchaient à soumettre la foi catholique aux catégories de la philosophie moderne. Sous prétexte de rendre le christianisme compatible avec les nouvelles idées, certains en venaient à mettre en question le caractère immuable du dogme, l’autorité de la Tradition, la valeur objective de la Révélation ou encore la manière dont l’Église avait toujours compris ses propres enseignements.
Pie X comprit le danger…
Il ne s’agissait pas simplement de quelques expressions maladroites ou de discussions réservées aux théologiens. Derrière ces idées se trouvait une manière nouvelle de concevoir la foi elle-même. Si le dogme pouvait changer de sens avec les générations, si la vérité religieuse dépendait principalement du sentiment intérieur de l’homme, si la science humaine devenait le juge de la Révélation, alors la foi catholique cessait d’être le dépôt divin confié à l’Église.
Le pape intervint donc avec une vigueur exceptionnelle.
Dans Pascendi Dominici gregis, publiée en 1907, il analysa les doctrines modernistes et montra leur cohérence profonde. Il insistait notamment sur le danger d’une conception dans laquelle les dogmes seraient soumis aux variations du sentiment religieux ou de la pensée humaine. Pour lui, le devoir du pasteur était de garder fidèlement le dépôt de la foi.
Il ne faut pas se tromper sur le sens de cette fermeté. Pie X ne combattait pas l’intelligence, ni l’étude, ni la véritable science. Il combattait la prétention de l’intelligence humaine à devenir le maître de la Révélation. La raison est un don de Dieu, mais elle n’est pas Dieu. La science est légitime dans son ordre, mais elle ne peut pas abolir ce que Dieu a révélé.
Le catholique ne demande pas à l’Église de devenir moderne pour rester catholique. Il demande au contraire au monde moderne de se convertir à la vérité du Christ.
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UN PASTEUR QUI NE CRAIGNAIT PAS LE MONDE
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Voilà pourquoi saint Pie X demeure si cher aux catholiques attachés à la Tradition. Il n’était pas fasciné par la nouveauté. Il savait que tout ce qui est nouveau n’est pas nécessairement mauvais, mais il savait surtout que tout ce qui est nouveau n’est pas nécessairement vrai.
La foi n’est pas une invention que chaque génération pourrait reconstruire. Elle est un héritage reçu. Et un héritage sacré ne se traite pas comme une propriété personnelle que l’on pourrait remodeler selon ses goûts.
Dans Pascendi, Pie X rappelait avec force que le premier devoir du pasteur est de garder avec vigilance le dépôt traditionnel de la foi. Cette expression pourrait servir de clef à toute son œuvre.
Garder !
Voilà le mot…
Garder la foi des enfants. Garder la pureté du culte. Garder la doctrine. Garder le sacerdoce. Garder la dévotion eucharistique. Garder la saine théologie. Garder la Tradition. Garder les âmes.
Et garder ne signifie pas être immobile. Le gardien d’un trésor n’est pas celui qui le laisse enfermé dans une armoire ; c’est celui qui veille à ce que personne ne le vole, ne le détruise ou ne le falsifie.
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LA SIMPLICITÉ DU SAINT PAPE
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Il faut pourtant revenir au cœur de l’homme. Car saint Pie X ne fut pas seulement un grand pontife. Il fut un saint.
Son extraordinaire fermeté doctrinale n’avait rien d’un tempérament dominateur. Elle venait d’une foi profonde et d’une vie intérieure réelle. L’homme qui se dressait avec vigueur contre les erreurs était le même qui aimait les pauvres, accueillait les petites gens, se préoccupait des enfants et souffrait profondément des malheurs de l’Église.
Cette alliance de douceur et de fermeté est l’un de ses traits les plus beaux.
Il n’y a rien de contradictoire entre la charité et la vérité. La véritable charité veut le bien de l’autre, et le premier bien de l’homme est Dieu. Aimer une âme, ce n’est donc pas lui dire que tout va bien ; c’est vouloir qu’elle connaisse la vérité, qu’elle rejette le péché et qu’elle trouve le chemin du salut.
Saint Pie X avait compris cela avec la simplicité des saints.
Il ne cherchait pas à être admiré. Il cherchait à être fidèle.
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LES DERNIÈRES ÉPREUVES
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Les dernières années de son pontificat furent assombries par les épreuves. Le poids de la responsabilité, les combats doctrinaux, les tensions internationales et les souffrances de l’Église pesaient lourdement sur ses épaules.
Puis survint la catastrophe de 1914.
L’Europe entra dans la Première Guerre mondiale. Le monde chrétien se déchirait. Des peuples catholiques s’affrontaient. La violence se déchaînait sur le continent. Pour un pape qui avait consacré toute son existence à ramener les hommes à Jésus-Christ, cette guerre fut une douleur immense.
Saint Pie X mourut le 20 août 1914, quelques semaines après le début du conflit. L’Église avait perdu un père au moment même où le monde entrait dans l’une de ses plus grandes tragédies.
Mais sa mort ne fut pas la fin de son œuvre.
Les hommes peuvent mourir ; les saints demeurent.
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« SAINT PIE X, PRIEZ POUR NOUS »
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Pie X fut béatifié en 1951 par Pie XII et canonisé en 1954. L’Église reconnaissait ainsi solennellement ce que tant d’âmes avaient compris avant même les décisions romaines : cet homme qui avait gouverné l’Église avec une fermeté parfois incomprise était un véritable saint.
Et quelle grâce pour notre époque que de posséder un tel patron !
Saint Pie X n’est pas seulement le pape des livres d’histoire. Il parle encore aux familles catholiques, aux enfants qui apprennent leur catéchisme, aux prêtres qui montent chaque matin à l’autel, aux fidèles qui s’agenouillent devant le tabernacle, aux hommes et aux femmes qui veulent conserver la foi reçue de leurs pères.
Il nous rappelle quelque chose de très simple : le catholicisme n’est pas une opinion. C’est la religion de Jésus-Christ.
Il nous rappelle que la Messe est le Saint-Sacrifice, que l’Eucharistie est réellement le Corps et le Sang de Notre-Seigneur, que la confession est nécessaire aux âmes pécheresses, que le catéchisme doit être appris avec sérieux, que le prêtre doit être saint, que la liturgie doit être digne de Dieu et que la doctrine catholique n’est pas à remodeler selon les modes intellectuelles du moment.
Il nous rappelle surtout que l’Église n’a pas besoin d’avoir honte de ce qu’elle est.
- Elle possède la vérité.
- Elle possède les sacrements.
- Elle possède la Tradition apostolique.
- Elle possède le Saint-Sacrifice de la Messe.
- Elle possède le magistère de Pierre.
- Elle possède Jésus-Christ.
Et lorsqu’un monde entier demande au catholique de se conformer à son esprit, saint Pie X semble encore nous répondre du fond de son siècle : non, c’est le monde qui doit être ramené au Christ.
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UN SAINT POUR LES TEMPS DIFFICILES
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Il serait cependant trop facile de faire de saint Pie X uniquement le symbole d’un combat contre les erreurs. Ce serait diminuer sa grandeur. Le véritable saint Pie X ne nous conduit pas d’abord à la polémique ; il nous conduit à l’autel.
Son combat contre le modernisme n’avait de sens que parce qu’il voulait préserver aux âmes le chemin de la foi. Son combat pour le chant grégorien n’avait de sens que parce qu’il voulait rendre au culte sa dignité sacrée. Son souci du catéchisme n’avait de sens que parce qu’il voulait que les enfants connaissent Jésus-Christ. Son désir de la communion fréquente n’avait de sens que parce qu’il voulait que les âmes vivent de la grâce.
Tout revient donc à son grand programme : Instaurare omnia in Christo.
Restaurer toutes choses dans le Christ.
Dans une famille, cela signifie remettre la prière au centre. Dans l’éducation, cela signifie transmettre la foi sans honte. Dans la vie personnelle, cela signifie retrouver la confession, la Messe, l’adoration, le chapelet et la fidélité aux commandements. Dans une paroisse, cela signifie rendre au sanctuaire sa dignité et à la liturgie son caractère sacré. Dans la société, cela signifie ne pas avoir peur de proclamer que Jésus-Christ est le Roi véritable des hommes et des nations.
Saint Pie X nous apprend ainsi que la restauration chrétienne commence toujours par la sainteté des âmes.
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LE DERNIER MOT : JÉSUS-CHRIST
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Au fond, toute la vie de Giuseppe Sarto pourrait se résumer à une seule réalité : il a voulu conduire les hommes à Jésus-Christ.
L’enfant de Riese, le jeune séminariste, le vicaire de campagne, le curé, l’évêque, le cardinal de Venise, puis le pape de Rome : derrière tous ces titres demeurait le même homme. Un prêtre qui croyait.
- Il croyait au Bon Dieu.
- Il croyait à la Sainte Église.
- Il croyait à la Présence réelle.
- Il croyait au pouvoir de la grâce.
- Il croyait à la nécessité de la confession.
- Il croyait à la sainteté du sacerdoce.
- Il croyait au caractère sacré de la liturgie.
- Il croyait à la vérité immuable de la doctrine catholique.
Et surtout, il croyait que Jésus-Christ est réellement le Sauveur des hommes …
C’est pourquoi son message demeure si actuel. Lorsque tout paraît devenir confus, il nous invite à revenir aux choses simples. Lorsque les hommes discutent sans fin de nouveautés, il nous invite à revenir au catéchisme. Lorsque le monde oublie Dieu, il nous invite à nous agenouiller devant le tabernacle. Lorsque la foi devient tiède, il nous invite à recevoir dignement Notre-Seigneur. Lorsque l’erreur se répand, il nous invite à rester attachés à la vérité reçue de l’Église.
Et lorsque nous avons peur de l’avenir, il nous rappelle que l’Église n’appartient ni aux hommes ni aux époques : elle appartient à Jésus-Christ.
Le 20 août, en célébrant sa fête, nous ne faisons donc pas seulement mémoire d’un grand pape du passé. Nous demandons à un saint de nous obtenir ce qui fut la grâce de toute sa vie : une foi simple, solide et entière ; un amour profond de Jésus-Christ ; une fidélité sans compromis à la Sainte Église ; une véritable dévotion à la Très Sainte Vierge ; un grand amour du Saint-Sacrement ; et cette force surnaturelle qui permet au chrétien de rester debout lorsque le monde entier voudrait le faire plier.
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Que saint Pie X obtienne à nos familles de demeurer catholiques.
Qu’il obtienne à nos enfants l’amour du catéchisme et de la Sainte Eucharistie.
Qu’il obtienne aux prêtres la sainteté et le zèle apostolique.
Qu’il obtienne à l’Église des pasteurs courageux, humbles et fidèles.
Qu’il protège la sainte liturgie et l’amour de la Tradition.
Et qu’il nous apprenne surtout à faire de notre propre vie ce qu’il voulut faire de toute l’Église : tout ramener à Jésus-Christ.
Saint Pie X,
pape et confesseur,
priez pour nous.
Saint Pie X,
gardien de la foi,
priez pour nous.
Saint Pie X,
apôtre de la Sainte Eucharistie,
priez pour nous.
Saint Pie X,
défenseur de la vérité catholique,
priez pour nous.
Saint Pie X,
modèle du prêtre et du pasteur,
priez pour nous.
Saint Pie X,
fidèle serviteur de Notre-Seigneur Jésus-Christ,
priez pour nous.
Très doux Cœur de Marie,
conduisez-nous à Jésus.
Sacré-Cœur de Jésus,
régnez sur nous.
Prions
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Saint Pie X, obtenez-nous la grâce de rester toujours fidèles à la foi de nos pères, jusqu’au jour où, avec vous, nous pourrons contempler éternellement Celui que vous avez tant aimé et servi : Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Amen.
Abbé VALERIAN
20.08.2026