ROCH
(1348/1350 – 1379)
Saint
Roch naquit à Montpellier, entre 1348 et 1350, en pleine guerre de Cent Ans, pendant la grande période de la peste noire, qui dura deux ans et décima un tiers de la population de l'Europe.
Son père, Jean Roch de La Croix, dignitaire de Montpellier, en fut le premier consul, en 1363.
Sa mère, dame Liberia, était originaire de Lombardie.
Fils désiré et longtemps attendu, sa naissance se révéla en partie miraculeuse – ses parents ayant prié la Vierge Marie pour avoir un enfant – il naquit effectivement et avec le signe d'une croix rouge sur sa poitrine.
Passant une enfance dans un milieu profondément chrétien, il fut baptisé au sanctuaire Sainte-Marie des Tables, qui était aussi le centre de la vie spirituelle, intellectuelle, administrative et sociale de Montpellier.
Il fit probablement ses études chez les Dominicains, ordre alors nouveau et en plein essor, avant d’étudier la médecine. Il fut confronté très jeune aux terribles épidémies de peste de 1358 et 1361. À Montpellier, cette dernière fit jusqu’à 500 morts par jour, pendant trois mois.
Orphelin à 17 ans, riche et instruit, il aurait pu participer à la gouvernance de la ville mais il choisit plutôt de confier à son oncle cette responsabilité et il préféra distribuer tous ses biens aux pauvres.
Sur ce, il rejoignit le Tiers-ordre franciscain, revêtit l’habit de pèlerin, reçut la bénédiction de l’évêque et prit la route pour Rome.
il arriva à Acquapendente, à quelques jours de marche de la Ville éternelle, en juillet 1367. Il y resta trois mois, car la peste y sévissait. Il mit en pratique l’enseignement médical qu’il avait reçu, en l’associant à des signes de croix et une invocation sur les souffrants et obtint rapidement de nombreuses guérisons.
Son charisme auprès des malades se révéla sans doute à ce moment-là.
Il reprit son chemin pour Rome, lorsqu’il apprit qu’à Cesena, à l’opposé de sa direction, l’épidémie faisait rage. Il s’y rendit, faisant ce que Dieu attendait de lui au fur et à mesure de son pèlerinage, et obtint là encore des guérisons miraculeuses.
Il arriva enfin à Rome, au début de l’année 1368, et s’occupa sans doute des malades de l’Hôpital du Saint-Esprit, ordre fondé par son compatriote, Guy de Montpellier.
Un prélat, guéri par ses soins et témoin de guérisons miraculeuses, le fit admettre devant le pape Urbain V, qui, saisi d'une mystérieuse intuition, s’écria aussitôt en voyant Roch :
« Toi... Il me semble que tu viens du Paradis ! ». Et le Pape lui accorda l’indulgence plénière.
Roch quitta Rome en 1370 pour rentrer dans sa patrie. Mais au mois de juillet 1371, il était de retour en Italie, à Plaisance, à l’hôpital Notre-Dame de Bethléem, où il assista inlassablement, guérit et réconforta les malades.
Atteint lui-même par la peste, Roch se rendit péniblement jusqu’à un bois, à l’orée du bourg fortifié de Sarmato, pensant y mourir.
À cet endroit, une source jaillit et un chien vint alors lui apporter chaque jour un pain, sans doute envoyé près de lui par son maître,
Il recouvra la santé et retourna aussitôt à Plaisance auprès des pestiférés, faisant preuve d’un courage et d’une humanité remarquables à leur service.
Il reprit sa route, mais les terres milanaises étaient le théâtre d’une guerre entre le Duc de Milan, son frère et la ligue constituée par le pape Urbain V. Ce conflit dura de 1371 à 1375. Pris pour un espion, Roch fut arrêté à Broni, et transféré à Voghera
Sa renommée était déjà grande. De surcroît, grâce à sa marque de naissance en forme de croix sur sa poitrine, il pouvait être identifié par son oncle, gouverneur de la ville ou l’un des plus proches collaborateurs de ce dernier.
Mais, fidèle au vœu d’anonymat de tout pèlerin, Roch ne révéla pas son identité et demanda à pouvoir reprendre son chemin en tant qu’ « humble serviteur de Dieu ». Sa requête fut rejetée et il fut mis au cachot.
Son emprisonnement dura cinq ans. Selon la tradition, il ne dévoila son identité qu’à un prêtre, la veille de sa mort, survenue le mardi 16 août 1379 âgé d'environ 30 ans.
Roch fut enterré avec dévotion à Voghera qui, dès 1382, lui consacra une fête.